Nuit qui déborde du corps

Publié le par Fred Pougeard

Jasmin sur les nuits de juillet. Chanson
Pour deux étrangers qui se rencontrent sur une rue qui ne mène nulle part
Qui suis-je après ces deux yeux en amande ?
Dit l'étranger
Qui suis-je après ton exil en moi ? Dit l'étrangère
Prenons garde alors, à ne pas remuer le sel des mers anciennes.
Dans un corps qui se souvient
Elle lui restituait son corps chaud
Et il lui restituait son corps chaud
​​​​​​​Ainsi les deux amants étrangers laissent leurs amours en désordre
Comme ils abandonnent leur sous-vêtements entre les fleurs des draps
— Si tu es vraiment mon aimé, compose un Cantique des cantiques pour moi
Et grave mon nom sur la branche d'un grenadier, dans les jardins de Babylone
—Si tu m'aimes vraiment, place mon rêve entre mes mains et dis
Dis au fils de Marie : Ainsi, tu nous fais subir le sort que tu t'es choisi
Seigneur, sommes-nous assez justes, pour l'être demain
Ils font l'obscurité ensemble, dans des ombres qui dansent au plafond de sa chambre
Elle lui dit : Ne sois pas ténébreux après mes seins
Il dit : Tes seins, nuits qui éclairent l'essentiel
Nuits qui me couvrent de baisers, et nous sommes emplis
Le lieu et moi, de nuits qui débordent de la coupe
Elle rit de sa description. Et elle rit encore
Lorsqu'elle cache le pente de la nuit dans sa main
— Mon amour, s'il m'était donné d'être un garçon, je serais toi
— Et s'il m'était donné d'être une fille, je serais toi
Et elle pleure comme à son habitude lorsqu'elle revient d'un ciel couleur de vin
Emmène-moi Etranger, dans un pays où
Je ne possède pas un oiseau bleu sur un saule
​​​​​​​Et elle pleure, pour traverser ses forêts dans le ont départ vers elle-même. Qui suis-je ?
​​​​​​​Qui suis-je après ton exil dans mon corps ?
Ah cette peine qui me vient de moi, de toi de mon pays
​​​​​​​Qui suis-je pars ces deux yeux en amande ?
Montre-moi mon lendemain !
Ainsi les deux amants laissent leurs adieux en désordre
​​​​​​​Comme le parfum du jasmin sur les nuits de juillet
 
Quand vient Juillet
Le jasmin me porte à une rue qui ne mène nulle part
Mais je chante encore
Jasmin
Sur les nuits
De Juillet
 
​​​​​​​Mahmoud Darwich, Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ? poèmes traduits de l'arabe (Palestine) par Elias Sanbar. Riad El-Rayyes Book Ltd 1995. Actes Sud 1996.
 
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :