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Passant, ce sont des mots.

Publié le par Fred Pougeard

Passant, ce sont des mots. Mais plutôt que lire
Je veux que tu écoutes : cette frêle
Voix comme en ont les lettres que l'herbe mange.

Prête l'oreille, entends d'abord l'heureuse abeille
Butiner dans nos noms presque effacés.
Elle erre de l'un à l'autre des deux feuillages,
Portant le bruit des ramures réelles
À celles qui ajourent l'or invisible.

Puis sache un bruit plus faible encore, et que ce soit
Le murmure sans fin de toutes nos ombres.
Il monte, celui-ci, de sous les pierres
Pour ne faire qu'une chaleur avec l'aveugle
Lumière que tu es encore, ayant regard.

Simple te soit l'écoute ! Le silence
Est un seuil où, par voie de ce rameau
Qui casse imperceptiblement sous ta main qui cherche
À dégager un nom sur une pierre,

Nos noms absents désenchevêtrent tes alarmes,
Et pour toi qui t'éloignes, pensivement,
ici devient là-bas sans cesser d'être.

Yves BonnefoyLes planches courbes, Mercure de France 2001

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Merde pour ce mot

Publié le par Fred Pougeard

Journal, 2 mars 2018

 

L’Humanité est mon journal, j’ai dit ailleurs pourquoi. Cet amour, parfois, est déçu. Hier : pages « poésie » (le Printemps s’amène, des becs gorgés de vers vont cuicuiter dans les librairies, centres d’art, théâtres, maisons de poésies…). Fronton : « La poésie ? Un arc-en-ciel qui se lève à minuit ». Ça commence fort. Plus fort : « Muse, sa parole ailée déchire la nuit, la lumière filtre ». Toujours les cieux de convention, les yeux blancs, les mollets lyriques cambrés, « le cœur à l’écoute », le moi qui bave, le « chant du désir », la « fraîcheur du vent », maman Nature mon adorée, la chatouille sous les bras rhétoriques pour des exaltations sur-jouées. A côté, puisqu’il faut aussi au « Poète » (grand pet) « séquestrer les jougs contraires », les déplorations rituelles sur les espaces médiatiques « dramatiquement rétrécis », la misère marginalisée de la corporation (mais sa dignité dans ces déboires).

Où est le pire ? dans l’insignifiance paresseuse du poète chroniqué ? dans la logorrhée abrutie du chroniqueur (un « poète », lui aussi, forcément) ? En tout cas, dans le fourmillant petit monde poétique, rien n’a changé. Toujours les mêmes ignorances, les faiblesses de pensée, les narcissismes artistes, les formes abandonnées aux enchaînements réflexes, aux lieux communs, aux pires clichés, aux vieilleries métaphoriques recyclées sans scrupule. Le mot même de « poésie » s’étire là-dedans comme un chewing-gum mille fois remastiqué, délavé de tout goût, avec des petites bulles d’œuf peinturluré comme effet voulu bœuf. « Merde » pour lui, comme disait Ponge, s’il ne nomme que ça.

Que le Printemps des Poètes se nourrisse de ces déjections du temps est dans l’ordre des choses et n’a pas d’importance. Mais que L’Huma célèbre ces niaiseries réactionnaires me navre.

 

Christian Prigent, texte publié dans la revue Sitaudis https://www.sitaudis.fr/Incitations/merde-pour-ce-mot.php

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Mort à mes cendres, mort au marbre

Publié le par Fred Pougeard

Mort à mes cendres, mort au marbre !
ce que je veux c'est le désir,
la noire volupté du sable,
l'éclat gluant du sexe sous la main !
 
Ce que je veux c'est le chemin
de la mer au soleil, le pain
de la bouche à la plaie, le sein
où pouvoir reposer un peu cette misère
infinie, cette mappemonde qui de toute part
fait éclater ma peau, cette volupté
plus vivante que Dieu au centre de l'hostie !
 
Ce que je veux c'est sous tes yeux
cernés pouvoir encore jouir jusqu'au matin
et tout le jour jusqu'à l'inespérance.
Ce que je veux c'est cette amère éternité de la mort
qui donne à tes membres leur violence
 
                                                                                  1er juin 1958
 
*
A ceux-là je dirai
n'apporte pas tes soucis.
Le crépuscule nous a frappé très haut,
les miettes ne peuvent nous suffire.
 
A ceux-là : sur tes lèvres garde
l'odeur de lait, l'odeur de miel
des jeunes corps, l'odeur de sang
(tes yeux cernés, ton sexe lent
nouent mon éternité d'oiseleur pris au sang).
 
Soleil aimé,
soleil du jour,
à ceux-là je dirai :
n'entraînez pas l'amour
sur ces remblais où le hibou peut nous surprendre.
 
*
 
J'ai rincé les fruits.
Nous avons donc perdu l'habitude de la terre,
ce goût des âcres sueurs,
des passages d'abeilles et des orages.
Et le sulfate lui-même était la terre !
J'ai rincé toutes choses dans ma vie.
Mais toi, ô mon désir, ô damnation, demeure,
demeure pour me lier à l'incontrôlable saveur de la terre !
 
Je veillerai donc
et j'irai au-devant des infinies connaissances.
Dès la nuit, dans la ville,
je prends l'affût des signes, des visages.
 
                                                                                       2 juin 1958
 
*
 
L'ALLIÉ DES DÉCOMBRES
 
 
Toutes ces contradictions qui nous conduisent
de l'extrême tension de la chair
à cet arc de plus haute durée : la sagesse,
et au-delà, vers une ligne d'horizon
soumise à ton faste : le verbe.
 
Toutes ces pures insomnies
pour maintenir -ô féroce !- le rêve
de la première nuit dans l'astre maternel.
 
Des marelles aux rides
toutes ces vanités
pour retenir un mot exempt sous les souillures
et qui marche à tâtons dans la froide clarté.
 
                                                                                   3 juin 1958
 
Jean Sénac, Diwân de l'inespérance (extraits) dans Pour une terre possible, édition établie et présentée par Hamid Nacer-Khodja, Points 2013
 
 
 
 
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Les galets bleus

Publié le par Fred Pougeard

                                                                                       Si je dis que les galets sont bleus,
                                                                   c'est que le bleu est le mot exact, croyez-moi.
                                                                                                                               FLAUBERT
 
 
Tu écris une scène d'amour
entre Emma Bovary et Rodolphe Boulanger,
mais l'amour n'a rien à y voir.
C'est sur le désir sexuel que tu écris,
cette envie de posséder l'autre
dont la fin ultime est la pénétration.
L'amour n'a rien à y voir.
À force d'écrire et de récrire cette scène
tu finis par t'exciter,
tu te masturbes dans un mouchoir.
Pourtant, tu restes à ton bureau des heures
sans te lever. Tu continues à écrire cette scène,
à écrire sur la faim, l'énergie aveugle -
la nature même du sexe -
une soif brûlante d'aboutissement
qui peut entraîner jusqu'à la ruine complète
si on lui lâche la bride. Et le sexe,
qu'est le sexe s'il n'est pas débridé ?
Tu te promènes sur la plage ce soir-là
avec ton ami Goncourt qui jacasse comme une pie.
Tu lui dis que quand tu écris
des scènes d'amour ces temps-ci tu peux te branler
sans quitter ton bureau.
"L'amour n'a rien à y voir", dis-tu.
Tu savoures un cigare et une vue dégagée sur Jersey.
La marée descend en travers de la grève,
et rien au monde ne peut l'arrêter.
La mer a bleui les galets polis que tu ramasses
pour les examiner à la lueur de la lune.
Le lendemain matin quand tu les tires
de la poche de ton pantalon, ils sont encore bleus.
 
à ma femme

Raymond Carver, Les Feux (Fires). Traduit de l'américain par François Lasquin. Editions de l'Olivier 2012                

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C'est ce moment de bonheur inlocalisable...

Publié le par Fred Pougeard

Le tableau le plus émouvant de Corot est sans doute Orphée ramenant Eurydice des Enfers. Alors que les représentations picturales du mythe privilégient plutôt ses épisodes dramatiques, et notamment celui où Orphée, trop impatient de revoir la figure aimée, se retourne avant l'heure et perd définitivement Eurydice, Corot choisit de représenter ce bref laps de temps où, sur le chemin qui les amène au monde des vivants, Eurydice et Orphée se dirigent vers la sortie, l'un devançant l'autre. Cet intervalle où, pour quelques minutes, les amants sont réunis peut à juste titre être qualifié d'utopique, puisque c'est celui où Eurydice a été arrachée à la mort et où Orphée est certain d'avoir retrouvé le bien suprême de sa vie. C'est ce moment de bonheur inlocalisable que saisit Corot, ajoutant ici, tel un poète antique, sa touche personnelle au récit mythologique. Il choisit non pas de montrer Orphée précédant Eurydice à une distance plus ou moins grande, conformément à la tradition poétique, mais marchant devant elle en la tenant par la main, tandis que, de l'autre, il élève sa lyre à la hauteur de ses yeux, tant pour chasser les obstacles et les maléfices que pour signifier la victoire de la poésie sur les forces de la mort. Là, sur la toile, les amants ne sont pas séparés, le contact a eu lieu, il s'est produit par le toucher, par la douce pression de la paume et des doigts, et tout laisse imaginer que l'épreuve connaîtra une conclusion heureuse. Comme Orphée enserre le poignet d'Eurydice, qu'il sent battre son sang dans ses veines, il saura peut-être réprimer l'envie funeste de se retourner pour la voir ; la chaleur retrouvée de son corps lui suffit pour s'assurer que c'est bien elle ; et il reviendra triomphant et heureux des Enfers. Avec ce tableau, Corot a su renverser le sens du mythe le plus désespérant de l'antiquité grecque, passant de la dystopsie de la séparation inéluctable à la possibilité réelle du retour de l'être aimé et de la victoire sur la mort.

Joël Gayraud, La Paupière auriculaire, éditions Corti 2017.

 

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Le retour au Ruisseau

Publié le par Fred Pougeard

 

l'heure s'arrime
à mon dos -patiente petite dame
aux doigts blancs
 
je dois nous faire voguer
c'est vrai
mais à l'aube seulement
 
seulement 
quand au brou de la nuit
j'aurais taillé ma barque
 
dénervé les regrets
rabioté tout ego
 
je promets petite 
aux doigts piaillant qu'alors
 
je
balancerai
tête par dessus coque
 
toute résistance
et nous prendrons les eaux
légères nous avancerons
 
ballotées sûrement
par le temps enivré de lui-même
 
tu seras l'enfant vigie
moi le dernier poème
charivari du quai -adieu terre ferme
 
nous retrouverons le drame
celui des pirateries anciennes
nos déluges et naufrages de ruisseau
 
nos rires de source
-grelots d'avant rivière
joie pour blason   défi en étendard
 
patiente petite     tu sais bien
qu'à chaque instant
je me rapproche de toi
- ma rive    mon amarre -
 
je reviens vers 
ma promesse signée d'un cri
 
à l'aube donc je le jure
pieds et coeurs nus j'abandonnerai
tout désir de conquête
 
dans quelques heures 
tu largueras le souvenir
j'aborderai l'oubli
 
oui dans quelques heures
je serai prête petite - mais pas avant
tiens le toi pour dit
 
Anne Mulpas, Le retour au ruisseau, éditions du Petit Flou 2015
 
 
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Et puis, la vie, la vie et la vie.

Publié le par Fred Pougeard

(...)

Et puis, la vie, la vie et la vie. Pas malheureux, pas heureux, la vie. Des fois il se disait... mais tout de suite, au même temps, il voyait, et le ciel couché sur tout et loin, là-bas loin à travers les arbres, la respiration bleue des vallées profondes, et loin autour il imaginait le monde rouant comme un paon, avec ses mers, ses rivières, ses fleuves et ses montagnes. Et alors, il s'arrêtait dans sa pensée consolante qui était de se dire : santé, calme, "la Jourdanne"*, rien ne fait mal, ni à droite ni à gauche pas de désir. Il s'arrêtait, car il ne pouvait plus se dire : pas de désir. Et le désir est un feu ; et santé calme, et tout brûlait dans ce feu, et il ne restait plus que ce feu. Les hommes, au fond, ça n'a pas été fait pour s'engraisser à l'auge mais ça a été fait pour maigrir dans les chemins, traverser des arbres et des arbres, sans jamais revoir les mêmes ; s'en aller dans sa curiosité, connaître. 
C'est ça, connaître. 
Et des fois, il se regardait dans la glace. Il se voyait avec sa barbe rousse, son front tâché de son, ses cheveux presque blancs, son nez épais et il se disait : "A ton âge !"
Mais le désir est le désir. 
 
Jean Giono, Que ma joie demeure, Editions Bernard Grasset 1935

* La Jourdanne : sa maison, la maison de Jourdan

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En nous longuement...

Publié le par Fred Pougeard

En nous longuement résonnent les mots,
légers, parce que des pans filés d'amours
moribondes, aux yeux détournés, dévoilent
d'intenses souvenirs en partage
et cela semble assez pour se convaincre
que nous ne sommes pas devenus seuls désormais
 
Mais c'est à peine plus que lorsque nous sommes allongés
dans des prés de banlieue ou de campagne,
la bave acerbe suçant le brin d'herbe
serré entre les dents, lorsque nous scrutons
la profondeur des cieux, dans l'illusion
d'exister, d'être nous-même la terre,
de demeurer une part de l'immense,
à présent que nous allons, l'un de l'autre détaché
 
Savoir que ce ciel appartient à chacun,
cela seul redonne courage ; parce que nous, qui sommes
de ce côté, ce sont toutes mêmes couleurs azuréennes
que nous voyons, semblable odeur de terre mouillée
que nous sentons, chauffée de soleil et de l'âcre sueur
des miasmes de notre chair.
Que pareils souffles de brise nous effleurent,
que pareils vents impétueux nous ébranlent
qui, dans leur course des longs espaces au-dessus de nous,
les nouent en panache dans leur souffle,
comme un bien commun, sombres (demeurent)
nos âmes, jusqu'à ce qu'il y ait, confiante,
au moins une humaine conscience pour scruter
l'infini de ce firmament silencieux.
 
Achille Chiapetti, extrait de L'inafferabile presente (Le présent hors d'atteinte) Traduction © Valérie Brantôme, 2016
 
Merci à Valérie Brantôme pour cette traduction publiée sur son https://enjambeesfauves.wordpress.com
Photo  Fred Pougeard, Vers Charleville, 14 sept 2017 à 13h
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Palm/Paume

Publié le par Fred Pougeard

Je vois que tu mèneras une vie ordinaire, peut-être
auras-tu des enfants, peut-être épouseras-tu
un homme gentil mais in-
signifiant.   Un 
modeste voyage t'attend
(Chutes du Niagara ?    Parc de Yellowstone ?)
    Entreprends-
le.    Prends
les décisions que tu dois prendre :   peins
la salle de bains du haut en bleu, va vivre
dans le Wisconsin.   Peu importe.
mais là, là dans ce pli, ce pli
comme une cicatrice près du pouce - là
je vois encore autre chose.
Les rideaux de cette pièce seront rouges
et déchirés.    Ferme-les. Laisse-le
te conduire lentement vers le lit.   Non
diras-tu, il fait jour
et mon modeste mari me fait confiance.
Fais-moi confiance -c'est
ton moment -celui
dont tu te souviendras (le souffle brûlant
de la brise d'août, le soleil
blanc dans le ciel, la goutte de sueur
sur son cou : elle aura un goût salé sur ta langue).
C'est ce moment que tu portes 
et porteras toute ta vie
même s'il entaille un peu ton pouce
comme un unique éclat de verre qui scintille
dans une carrière d'ardoise.   Un jour
tu mourras, bien sûr, lentement
ni jeune, ni vieille.   Et avant que tu ne sombres dans 
    l'oubli
les voisins parleront de toi avec affection.
D'ici là   referme bien ton poing
sur ce secret.     Meurs
en emportant ce secret mais sans regrets.    Souviens-
   toi
qu'ainsi survivent les faibles, qu'ainsi
les faibles ont toujours survécu.
 
*
 
I see you will live an ordinary life, perhaps
have children, perhaps marry
a kind but un-
remarkable man.   There
is a simple journey that waits for you
(Niagara Falls ?   Yellowstone Park ?)   Go
on it.    Make
the decisions you have to make : paint
the upstairs bathroom blue, move
to Wisconsin.   It doesn't matter.
But here, here in this crease, this crease
like a scar at your thumb - here
I see something more.
The drapes in this room will be red
and torn.    Close them.   Let him
show you slowly to the bed.    No
you'll say, it's daylight
and my simple husband trusts me.
Trust me - this
is your moment -the one
you'll remember (the hot breath
of the August breeze, the sun
white in the sky, the trickle of sweat
on his neck : it will turn to salt on your tongue).
This one you've held
and will hold all your life
though it cuts a bit at your thumb
like a single sliver of glass that glints
from a quarry of slate.    You
will die someday, of course, slowly
not young, not old.   And before you're forgotten
the neighbors will speak of you fondly.
Now    close your hand tight
on this secret.    Die
with this secret but no regrets.    Remember
this is haw the small survive, the way
the small have always survived.
 
 
Laura Kasischke, Wild Brides (1992), Mariées Rebelles, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Céline Leroy. Préface de Marie Desplechins. Editions Pages à Pages 2016 
 
 
 
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Samedi et son potentiel festonné

Publié le par Fred Pougeard

Les visages au contraire de la météo
ne reviennent jamais
peu importe à quel point
ils ressemblent à la pluie
 
Dans ce théâtre, le temps
n'est pas cruel, juste différent
 
Ça vous aide ?
 
Quand le trop large couloir aérien
se calme
les humains s'apaisent
 
Quand la notion de mythe
ou n'importe quoi de collectif
est défaite par les carillons éoliens
par un doux tintinnabule
 
Quand l'espoir est ouvert
par un doux tintinnabule
ou une lumière tachetée
criant de joie à la périphérie
 
Quand la lumière crie de joie
et tachetée fait si plaisir
à un corps au repos
 
Quand la pensée, ouverte
s'attache pour reposer
sur le front
 
Quand des brindilles se balançant
juste derrière
la grande vitre de la bibliothèque
font signe, griffent et s'unissent
à une idée de l'histoire
 
Quand des brindilles griffues
s'unissent à une idée du temps
à une image de l'être
 
Par exemple être à côté et se muer
être un autre soi-même
 
être soi-même se muant en poème
 
Peter Gizzi, L'Externationale, traduit de l'américain par Stéphane Bouquet, editions José Corti, Serie américaine 2013
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