Sur la pointe des pieds

Publié le par Fred Pougeard

Il n'y a plus rien qui reste
          entre mes dix doigts
Une ombre qui s'efface
          Au centre
          un bruit de pas
Il faut étouffer la voix qui monte trop
Celle qui gémissait et qui ne mourait pas
Celle qui allait plus vite
C'est vous qui arrêtiez ce magnifique élan
          L'espoir et mon orgueil
          qui passaient dans le vent
Les feuilles sont tombées
          pendant que les oiseaux comptaient
               les gouttes d'eau
Les lampes s'éteignaient derrière les rideaux
Il ne faut pas aller trop vite
Crainte de tout casser en faisant trop de bruit.
 
Pierre Reverdy, Sources du vent Maurice Sachs éditeur 1929 réédité en Poésie Gallimard
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