Un air de famille
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et je l'imagine, méfiante.
Quand elle était jeune, ouverte à toute fièvre
voilée d'or comme si la fortune habillait son visage
elle suivait de pluie en pluie un rêve de lumière.
Mais le soleil a paru
brûlant nos yeux comme le cristal
blanchissant le ciel de la promesse et
ma sœur était là,
Noire, abandonnée, sans espérance
frissonnante sous la première douche froide de l'amour.
J'ai vu son or devenir arcade
où les cauchemars chassaient
sous les porches de nuits sans sommeil.
A présent dans les échos du déni
elle arpente le sol blanchi de la raison.
Secrète à présent
ma sœur ne rêve jamais
ni ne pleure l'or qui s'en est allée de son lit.
Ma sœur a ma langue
et toute ma chair
privée de réponse
et je l'imagine, méfiante
comme une pierre.
*
A Family Resemblance
My sister has my hair my mouth my eyes
and I presume her trustless.
When she was young and open to any fever
wearing gold like a veil of fortune on her face
she waited through each rain a dream of light.
But the sun came up
burning our eyes like crystal
bleaching the sky of promise and
my sister stood
Black, unblessed and unbelieving
shivering in the first cold show of love.
I saw her gold become an arch
where nightmare hunted
down the porches of restless night.
Now through echoes of denial
she walks a bleached side of reason.
Secret now
my sister never waits
nor mourns the gold that wandered from her bed.
My sister has my tongue
and all my flesh
unanswered
and I presume her trustless
as a stone.
Audre Lorde, Charbon (Coal) (1976) Traduit de l'anglais par le collectif Cételle. L'Arche 2023
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