Top articles
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Sur Anna Akhmatova
Dans l'atmosphère de liberté effrénée des années 20 avait surgi un lecteur qui n'en faisait qu'à sa guise et voulait qu'on le caresse dans le sens du poil. Ce lecteur avait une fringale de nouveauté, et n'admettait rien d'autre que ce qui était "novateur"....
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C'est le printemps
I L'air s'élève comme un léger échafaudage De pas, d'abois et de portes battant au fond sur des jardins Verts dont le cri s'étouffe et m'atteint au passage, Tandis que dans l'air je m'élève entre des rivières d'oiseaux Vers le gris des nuages, le gris...
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Je sentis que c'était le Christ
52 La moissonneuse se trouvait sur un petit coteau : mais on ne faisait que l'entendre : on ne la voyait pas parce qu'elle était cachée parmi des monceaux de paille. Les femmes et les bottes évoluaient dans un tourbillon de poussière ; comme dans un cercle...
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Ici, soudain c'est l'oiseau de Siegfried qui chante
Pourquoi —et particulièrement lorsque je parcourais, à pied ou à bicyclette, l'Anjou du sud en 1932, et dix ans plus tard la Normandie de l'ouest, telle étape et parfois tel trajet seulement d'une heure au cours d'une étape, ont-ils fait pleuvoir sur...
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Stances urbaines / Städtische Stanze
Le soleil est à nu, le goudron des rues fond, Un épervier, cri creux, laisse échapper ses peines. Dans l’été pâle et chaud, les hachements de sons D’un marteau-burineur, tambourant ses rengaines. Comme un affolement sur moi tout à coup fond — L’épervier...
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L'âme
L'âme : New-York est loin de l'île Maurice. —je nomme la distance. Naguère par bateau à voile, il fallait trois mois pour y aller. Aujourd'hui par l'avion ça prend trois jours. L'avion atomique nous y mènera en trois heures et telle fusée en trois minutes....
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Et puisque je vogue vers la haute mer
Et puisque je vogue vers la haute mer et que le vent gonfle mes voiles, Je vous dis qu’il n’est rien, dans l’univers entier qui soit stable ; Tout fluctue, toute image qui se forme est changeante. Le temps même s’écoule d’un mouvement continu, Tout à...
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La flamme
J'ai vu la flamme. Elle est partout, Dans ce que je regarde Quand pour de bon je le regarde. Elle y demeure et bouge A peine plus qu'un mot, Dans le morceau de zinc, le panneau de l'armoire, Le crayon, la pendule et le vin dans les verres, Dans le pot...
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C'est mais personne ne sait quoi.
C’est mais personne ne sait quoi. C’est ici, c’est là, c’est loin, c’est près, c’est profond, c’est élevé ; c’est ainsi : ce n’est ni ceci ni cela. C’est lumière, c’est clarté, c’est tout obscurité, c’est innommé, c’est inconnu, sans commencement et sans...
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Crépuscule
L’heure viendra… l’heure vient… elle est venue Où je serai l’étrangère en ma maison, Où j’aurai sous le front une ombre inconnue Qui cache ma raison aux autres raisons. Ils diront que j’ai perdu ma lumière Parce que je vois ce que nul œil n’atteint :...
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La bête à la chaîne/Alien
J'ai vu une étrange bête, une bête perdue, Fantastique, à la toison de feu, Enchaînée à un anneau de boue, Couchée, étrangère à tout. Dans une malpropre arrière-cour, J'ai vu cette chose atroce, et j'ai pleuré. Et, par l'effet d'une loi sombre, Jumelé...
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Art poétique
J'ai la trentaine à bride abattue dans ma vie je vous cherche encore pâturages de l'amour je sens le froid humain de la quarantaine d'années qui fait glace en dedans, et l'effroi m'agite je suis malheureux ma mère mais moins que toi toi mes chairs natales,...
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Lucidité
Efforts illusoires en vue de me reconstruire, D'hypertrophier mon intellect. Je suis comme toutes ces femmes de la campagne Entre maison et jardin, enfant et animaux. J'ai désormais le sentiment que je suis définitivement Comme je suis. Je ne changerai...
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Ivresse
Et je m'en vais comme un homme ivre parmi des pays chancelants et des livres où je ne sais plus lire que ton nom. Je m'en vais, les étoiles me portent. N'espère pas que je m'en sorte : l'azur me tient dans ses eaux mortes. J'ai les deux pieds au firmament....
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Suis-je assez pauvre ?
(...) Suis-je assez pauvre ? Assez seul, assez nu. Suis-je vidé suffisamment de ma mémoire. Suis-je assez sombre. Assez obscur. Et dans cette ombre enfin peux-tu germer, lumière. Et dans l'humide de mon cœur prendre racine. Et croître dans ce corps, musique....
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Les justes
Un homme qui cultive son jardin, comme le souhaitait Voltaire. Celui qui est reconnaissant à la musique d'exister. Celui qui découvre avec bonheur une étymologie. Deux employés qui dans un café du Sud jouent une modeste partie d'échecs. Le céramiste qui...
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La présence de la voix
Longtemps, longtemps, la voix humaine fut base et condition de la littérature. La présence de la voix explique la littérature première, d'où la classique prit forme et cet admirable tempérament. Tout le corps humain présent sous la voix, et support, condition...
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Sentir ses liens avec une terre...
Sentir ses liens avec une terre, son amour pour quelques hommes, savoir qu'il est toujours un lieu où le coeur trouvera son accord, voici déjà beaucoup de certitudes pour une seule vie d'homme. Et sans doute cela ne peut suffire. Mais à cette patrie de...
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Si clair était son bras
Si clair était son bras lorsque, rieuse, elle donnait le pain, l'eau ou le sel, qu'on pensait à la neige du névé. Son pas était une danse naturelle. Elle était fille de la Grèce par son père, et par sa mère fille du Conflent. Et suivant la pente du bois,...
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La part d'Elohim
La part d'Elohim est en moi parfois un poème au coeur de la nuit, Quand mon lit est tout argenté, quand dix couples Dans la maison de trois étages que j'habite Se partagent le bonheur nocturne sous l'éclat blanc des étoiles. Et c'est parfois le mutisme...
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Histoire/Historia
Nous montions en courant le long escalier. Nous regardions à peine les possibles détails sur les côtés, surprises d'une fenêtre ouverte au monde par-delà les vitres, reflets, sédiments du grimpeur précédent. Nous traversions rapidement la pause inutile...
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Cela
cela comment le nommer comment l’inscrire en un poème cela qui se fissure chaque instant me coupe du quotidien décolore vide de sa substance ce qui m’est accordé cela qui me porte me jette en affamé à la rencontre de la vie fait monter au-devant de mes...
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Lessive au vent
Qu’elles sont belles les lessives claquant dans le vent. Qu’elles sont belles, et qu’elles sentent bon l’eau claire et le gravier, toutes les plantes fines, et la lavande et le laurier. Elles ont retourné la poussière aux ruisseaux, les crachats et la...
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Élégie à John Donne
John Donne s'est endormi et tout dort autour de lui, dorment les murs, le plancher, le lit, les tableaux dorment la table, les tapis, les verrous, le cadenas, l'armoire toute entière, le buffet, les bougies, les rideaux. Tout dort. Les bouteilles, les...
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Car il y pleut parfois
(...) On peut se cacher du vent ou même du feu mais pas d'un sol qui s'agite ou d'un cœur qui tremble. (...) Le ciel est devenu si bas que n'importe qui est capable de décrocher une étoile pour la piétiner à sa guise. (...) Que fait-on quand ceux qui...