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XC
Then hate me when thou wilt ; if ever, now ; Now, while the world is bent my deeds to cross, Join with the spite of fortune, make me bow, And do not drop in for an after-loss. Ah, do not, when my heart hath'scaped this sorrow, Come in the rearward of...
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Brême éternité
Un jour on est une racaille à soupirs et à plaintes un jour danseur hilare on crève le temps aujourd'hui j'ai le cœur serré par cette fille de Brême haute et pâle aux cheveux noirs d'ivoire venue m'écouter lointaine mais visage offert et si belle que...
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Ou encore
Tout près de moi, ici dans la chambre que voici, tonton Josef apprend l'esperanto et pince de la guitare, à deux pas de là, tout près de moi, dans la quatrième dimension, tout près de moi et avec un pied, et avec un pied presque dans la troisième, tout...
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Si je m'arrête...
Je ne souhaite pas Que toute poussière recouvre ton visage Ta voix Ni tes mots Je ne souhaite pas Perdre ta voix. Le désespoir fissure. Certaines couleurs vives pourtant L'esquisse d'un chemin. En pensant à toi mes yeux brillent. C'est une chute de vélo...
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Imitation de l'eau
De côté sur le drap, paysage déjà tellement marin, tu ressemblais à une vague couchée, sur la plage. Une vague qui s'arrêtait ou plutôt : qui se retenait ; qui retenait un instant son bruissement de feuilles liquides. Une vague qui s'arrêtait à cet instant...
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Ode
Prête-moi ton grand bruit, ta grande allure si douce, Ton glissement nocturne à travers l'Europe illuminée O train de luxe ! et l'angoissante musique Qui bruit le long de tes couloirs de cuir doré, Tandis que derrière les portes laquées, aux loquets de...
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Dans cette solitude, dans cette liberté
(...) L'été resplendissait de sa funeste ardeur : le soleil semblait s'être arrêté au milieu du ciel, les argiles, desséchés, se fendaient. Dans les fissures de la terre altérée se nichaient les serpents, les vipères courtes et trapues d'ici, au venin...
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L'homme n'a pas une seule et même vie
Deux mois s'écoulèrent : je me retrouvai seul dans mon île maternelle ; la Villeneuve y venait de mourir. En allant la pleurer au bord du lit vide et pauvre où elle expira, j'aperçus le petit chariot d'osier dans lequel j'avais appris à me tenir debout...
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Les mots de tous les jours
Il faut se méfier des mots, ils sont toujours trop beaux, trop rutilants et leur rythme vous entraîne, prêt à vous faire prendre un murmure pour une pensée. Il faut tirer sur les mots sans cesse, de peur que ces trop bouillants coursiers ne s’emballent....
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[107]
Je me remets à écouter du Bach —je me remets À sentir la terre du jardin— Je me remets à penser à des poèmes et à des romans — je me remets Au silence qui fait d'un matin pluvieux Le début du monde de demain —autour De moi, il y a les spectres des garçons...
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Bohémiens en voyage
La tribu prophétique aux prunelles ardentes Hier s’est mise en route, emportant ses petits Sur son dos, ou livrant à leurs fiers appétits Le trésor toujours prêt des mamelles pendantes. Les hommes vont à pied sous leurs armes luisantes Le long des chariots...
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Aria I & Sauf-Conduit (Aria II)
ARIA I Où que nous allions sous l'orage de roses, la nuit est éclairée d'épines, et le tonnerre du feuillage, naguère si doux dans les buissons, est maintenant sur nos talons. Où toujours on éteint ce qu'enflamment les roses, la pluie nous emporte dans...
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Aimer, être aimée...
Aimer, être aimée ! Nos actes sont pathétiques. A l'époque où j'étais en seconde ou troisième année, à l'école de filles, dans une composition de grammaire anglaise, nous fûmes questionnés sur l'actif et le passif des verbes. Frapper, être frappé ; voir,...
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Et je chante le Sutra Diamant...
(...) Ils restèrent trois jours à Kanzhu. Xingte en profita pour grimper sur le rempart, à l'angle sud-ouest de la forteresse. Du sommet, il pouvait voir un coin de la place du marché, devant la porte sud. Au-delà, l'immense étendue de la plaine herbeuse....
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Prière
Que l’innocence demeure qu’il lui soit donné de pouvoir se perdre dans l’inutilité de ce monde qu’elle soit suffisamment forte pour oublier de le clamer que dans son silence où elle éclaire il n’y ait pas d’obstacle à son silence qu’elle soulève ce monde...
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Déficeler la réalité toujours comme une botte de paille
Ton écriture en fibrilles, élans de la main et du vent dans les lettres. Tu existes. Tu ne fais pas semblant. Tes lettres d'amoureux datent de 1957. Des promesses de papier volent de Brussel à Oderzo, un champ de mots que rien n'assèche. Tu n'as écrit...
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En route
Au bruit des roues tu peux entendre comme le temps se laisse facilement meuler. Dans un train par exemple qui t'emmène de maintenant vers quelque part en toi-même. Là sur l'acier de la structure, en dehors du wagon rouge qui nous porte, gît encore éventé...
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Une route en lacets
Que peut-on connaître du monde ? De notre naissance à notre mort, quelle quantité d’espace notre regard peut-il espérer balayer ? Combien de centimètres carrés de ma planète Terre nos semelles auront-elles touchés ? Parcourir le monde, le sillonner en...
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Louange du sexe. Louange de toute la femme.
Louange du sexe — Je ne chanterai pas le sexe de la femme, la grotte secrète, la source cachée. La fontaine chanteuse où l'abeille vient boire —et le pas des chevreuils s'y creuse, et le passage des s angliers sur l'herbe verte et le cresson. Je ne dirai...
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Epitaphe
La pierre que je suis est une image Seïkilos m'a placée ici Signe éternel d'un souvenir immortel Tant que tu vis, brille ! Ne t'afflige d'absolument rien La vie dure si peu C'est le temps qui décide de la fin Seïkilos (1er siècle avant JC) Epitaphe. Stèle...
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Assez pour faire un feu
Temple de montagne Résonne au fond de la neige le son d'une cloche Yamadera Ya yuki no soko naru kane no koe (1790) Mes amis sous les fleurs jusqu'à ce que je les revoie combien de printemps Hana no tomo ni mata au made wa ikuharu ya (1791) Alors qu'au...
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Love after love
Le temps viendra où, avec allégresse, tu t’accueilleras toi-même, arrivant devant ta propre porte, ton propre miroir, et chacun sourira du bon accueil de l’autre et diras : assieds-toi. Mange. Tu aimeras de nouveau l’étranger qui était toi. Donne du vin....
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Le grand ciel que je voyais
Le grand ciel que je voyais en éventail gris de Goya s'éployer hier au soir au-dessus de la plaine du Poitou, il est fait aujourd'hui de festons et de bourrelets. Deux hommes armés de fusil écoutent leurs chiens de chasse brailler loin et par intermittence...
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C'est ça l'amour
ordinaire au possible on s'échine perclus de soucis on rit de ce qu'on peut on pleure de ce qu'on doit on se plaît on se déteste sans trop savoir pourquoi c'est ça l'amour gamin on est frappé par son père et une fois marié on frappe sa femme on fait croire...
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Le Héros de la Manche
Frappe à la cuirasse de Don Quichotte et demande : Es-tu encore là-dedans, mon vieux est-ce qu'ils gardent la porte fermée la visière baissée es-tu bien nourri pensent -ils à ta race, ton rang, tes exploits savent-ils qui tu es t'aiment-ils autrement...