Top articles
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Je suis tout nouveau sur la terre...
Pour Frédéric Je suis tout nouveau sur la terre Je ne connais pas ta misère Tu me regardes je souris Le grand amour est à ce prix Tu me demandes je te donne Puis je m’endors dans mon berceau Je me moque quand tu raisonnes Je suis en l’air tu es en haut....
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E.D.
Combien de fois as-tu jeté ton manteau Sur les blessures d'un paysage en disant Je ne fais que passer je reviendrai Combien de mots as-tu oublié de reprendre Sur les quais de la nuit et tes poèmes perdus Dans quelle mémoire sont-ils allés se pendre ?...
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Ceux qui ne veulent pas se laisser briser
Cette nuit-là, à l'hôtel : notre chambre, le long corridor vide, nos souliers à la porte, un épais tapis sur le plancher de la chambre ; dehors, la pluie sur les vitres, et dans la chambre, une jolie lumière agréable et douce. Ensuite la lumière éteinte...
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Moi seul dans les années
J'étais nu et la lumière se souvenait sur mon corps avec des audaces de mémoire insensé que je fus de ne tuer ce corps de croire en ces trop douces chairs et en ces larmes ! Mais quoi ! L'irréfutable cire de l'azur gardait l'empreinte tiède encore de...
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Endroits, passages
I Comme une aveugle elle sourit à toutes les chaises vides, autour d'elle les gens les retirent et s'inclinent. Sa bouche remue, elle s'écoute avec ses lèvres, et devant elle il y a des cartes postales vierges. Elle courbe la tête, comme une tête courbée...
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Le mystère
Retenant le soleil, surgissant des feuillages, Le mur fleurit, mais oui : le vieux mur qui oublie Les siècles de son âge et devient un instant Sous quelle main ? cette tartine de splendeur, Ce pain beurré d'une lumière d'outre-temps Dont le parfum survient,...
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1983: janvier 1985: juin
Le registre rythmique de la parole me fait horreur. Je ne parviens pas à ouvrir un seul livre contenant de la poésie. Les heures du soir doivent être annihilées. Quand je me réveille il fait noir : toujours. Dans les centaines de matins noirs je me suis...
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Quand
Quand t'aura le vent accomplie L'eau tes images déporté Du camphre de ta mort vidée Ma cervelle pli contre pli Quand t'aura ma langue pâlie Aux mots les plus durs affrontée La plaine de toi dénudée De tout bleu de tout noir salie Quand cessera la cesse,...
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Rupture
Ayant perdu la tête, grand-mère, un beau jour, quitta notre logis pour aller s'endormir dans l'arbre : elle y devint le fruit d'un rameau dénudé, puis un oiseau, puis la lune, elle se mit à chanter une chanson d'enfant. Ils finirent par l'emmener, mais...
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L'arbre d'oisiveté
Je mourrai un jour je suppose Dans cette vieille maison turque où j'habite ; Dehors une feuille de banane en lambeaux, et ici Sur le rebord, dans un pot de confiture, un hélianthème. Peut-être une mandoline languissante Sanglote où les cigales ont creusé...
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Bras offerts
Je sors. J'ai des yeux neufs. Je vois le jour. Je m'arrête pour voir le jour. Je recommence. Je ne crois plus. Je touche avec mes yeux le jour. Rien que le jour. Comme un soleil qui monte, qui m'aveugle. * Soudain le sol. Pas d'ombres. Pas d'oracles noirs....
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Le Grand Villalin
Juste après la côte, les vignes de Quincy sont brusquement partagées par une immense longère qui va descendant vers le Cher. L'automobile de mon père s'engage entre le bâtiment et les jardins, nous passons une première demeure qui semble endormie : le...
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La mort, maintenant
Comme les voiles sur la mer — comme les vagues de la mer— les toiles d'araignées dansent jusqu'au vertige. Comme les feuilles de la forêt —comme les blés — les herbes mûres. Les voiles, les ailes, les herbes, les blés, les choses légères se laissent mouvoir...
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Mme Swann apparaissait...
Les beaux jours étaient enfin revenus, et la chaleur. Comme je savais qu'avant le déjeuner Mme Swann sortait pendant une heure et allait faire quelques pas avenue du Bois, près de l' É toile et de l'endroit qu'on appelait alors, à cause des gens qui venaient...
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Bataille de Fontenoy
De petites fleurs nageaient dans le sang des vaincus. Elles s'épanouissaient au contact du liquide frais qui coulait en faisant pencher l'herbe. Notre général était assis, adossé à un canon. Il comptait les doigts qui lui restaient et pensait qu'en cas...
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Je serai aux aguets
L'amour, l'amour ! Même en spasmes, au tombeau Je serai aux aguets, séduite, confuse, je m'élancerai Vers toi, mon doux ! Je ne te quitterai Ni dans un nuage ! Ni dans une congère mortelle ! Je n'ai pas reçu deux ailes merveilleuses Pour garder des pierres...
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C'est vil de faire le poète...
C’est vil de faire le poète, De se poser en bel esprit, D’archiver ses œuvres complètes, De trembler sur ses manuscrits. Ne crée que celui qui se donne Sans y chercher le moindre gain. C’est honteux d’être, étant personne, La fable de tout un chacun....
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Une autre femme en pleurs
Déverse l'affliction De ton cœur trop amer Que la désolation ne va pas adoucir. Du poison croît dans ces ténèbres. C'est dans l'eau des larmes que s'élèvent ses fleurs noires. La magnifique cause d'être, L'imagination, la seule réalité Dans ce monde imaginé...
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Eurydice
Plutôt le son que produit une biche quand une pointe de flèche remplace le jour avec une réponse au murmure vide de ses côtes. Nous l'avons vu venir mais avons continué de marcher à travers le trou dans le jardin. Car les feuilles était d'un vert pur...
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À Esaïe
La montagne de Ton Sanctuaire n'est pas encore sortie de terre, que déjà Son futur sommet s'inquiète : des nuages fratricides y tourbillonnent et foudroient les oiseaux dans leur courant. Entre-temps nous vivons dans les crevasses : il y fait sombre et...
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Un chapelet pour Amy
I Amy Nostra Notre Amy qui est dans les charts, que ton nom d'alcoolique soit sanctifié, que ton règne soul arrive, que ta volonté soit faite à notre table et dans nos pieux, donne-nous aujourd'hui notre coke quotidienne, ne nous pardonne rien car nous...
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Mémoire
Les morts en gare de Montbard Sous leur lit fleuri de pierre neuve Les dents serrées les yeux fermés Cherchent-ils à comprendre ? Les souvenirs sont faits De petits riens qui durent De petits rien très durs En travers de la gorge Le ciel bleu chaque soir...
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Chansonnette optimiste/Optimistisches Liedchen
Il arrive de temps en temps que quelqu'un crie au secours. Déjà quelqu'un d'autre se jette à l'eau sans en attendre aucun retour. Au milieu du plus épais capitalisme les pompiers rutilants tournent la rue, éteignent le feu, ou le chapeau du mendiant soudain...
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La réponse/La responsa
Alors vous m'appellerez. Comme la mère appuyée à la barrière appelle son fils dans le pré, vous m'appellerez du fond du cœur, avec votre voix claire, parmi les bois, dont l'écho résonne de val en val. Vous m'appellerez — comme la mère appelle son fils...
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La vache
EN GROS La vache est un parallélépipède rectangle solide, bien que mou du côté des babines, avec des excroissances par-dessus et par-dessous, tantôt stalagmites, tantôt stalactites, cornes ici, carillon et guimauve là. Le poids de ce volume est considérable...